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Sahra Wagenknecht


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21/02/2008

Guerre privatisée

Article par Sahra Wagenknecht, publication "La Gauche 5" de la delegation de LA GAUCHE au Parlement Européen

Lorsque récemment à Baghdad des employés de l'entreprise US américaine Blackwater fusillèrent dix-sept iraqiens en pleine rue et blessèrent encore 23 supplémentaires, tout à coup un thème se trouvait dans la lumière du public lequel jusqu'alors n'avait été que peu présent dans les médias, les activités de légionnaires et de compaganies de sécurité privés dans des conflits militaires partout au monde. Dans ce contexte, ils est plus que nécessaire de confronter les effets et les conséquences d'une privatisation croissante des services militaires.


Depuis toujours des gens, serait-ce par contrainte, serait-ce à cause de duresse économique, quelques fois aussi par esprit d'aventure, se sont mis à la disposition de chefs de guerre ou ont dû le faire, pour représenter les intérêts de ceux-là sur des champs de guerre au risque de leur propre vie. Non pas par accident, l'on dit que le métier de légionnaire était le „second métier" (du point de vue temporel) du monde. Ce qui est nouveau pourtant, c'est la dimension, dans laquelle aujourd'hui des entreprises de sécurité privée sont immédiatement impliquées dans des guerres, dans quels domaines clé ils travaillent et ce qu'il gagnent avec ça. Le légionnarisme est devenu une grande affaire et les affaires de guerre ont un essor jamais connu. Suivant des estimations de l'Institut Brooking entretemps à peu près 180.000 collaborateurs privés sont actifs pour l'armée américaine en Iraq (dont aussi quelques milliers d'européens) – et surpassent donc le nombre des 167.000 soldats US. Il ne s'agit non seulement de personnel de sécurité direct, mais aussi de chauffeurs, traducteurs etc., où les transitions sont floues.

Il n'y a pas de données officielles, combien de personnes travaillent dans le domaine immédiat sécuritaire de l'armée US, comme le ministre États-Unisien Robert Gates était forcé d'admettre après l'incident Blackwater.


Le fait c'est que des grands domaines – et très sensibles – en Iraq et dans d'autres régions de crise se trouvent dans les mains d'entrepreneurs privés – et ceux-là de cette manière ont une puissance énorme. Une guerre comme celle en Iraq ne pourrait même pas être menée sans des participant/es privées - et ceux-là de cette manière acquièrent une puissance énorme. Blackwater qui avec ces quelques milles collaborateurs en Iraq est responsable entre autre pour la protection de l'ambassadeur et d'autres US américains, ne constitue que la pointe du glacier, il ya des centaines de firmes qui vendent de la sécurité en Iraq et autre part ou sont responsables pour la logistique fondamentale. En tête du marché des entreprises de sécurité sont les États-Unis et la Grande Bretagne qui entre eux concluent 70 pourcents des affaires mondiaux de sécurité. L'Institut Brookings a estimé que déjà en 2004, au total et au plan mondial plus que 100 milliards de Dollars ont coulés dans les poches d'entreprises de sécurité de la part des gouvernements; la somme devrait avoir augmentée clairement ces dernières années. S'y ajoutent les paiements par des entreprises qui sont actifs dans les régions de guerre. Une affaire très lucrative aussi pour les compagnies de sécurité.


Le ministère des affaires étrangères américain, suivant ces propres données, depuis l'année 2001, a payé 1,2 milliards de Dollar à l'entreprise „Blackwater" seule. Pour l'année 2008 le gouvernement des États-Unis suivant des informations de l'ancienne envoyée spéciale de la présidence de conseil de l'UE, Gudrun Harrer, a déjà alloué 500 millions de Dollars pour protection de sécurité. Cette somme est immense, mais pas très surprenante, si l'on considère qu'une compensation quotidienne pour chaque gardien personnel se situe entre 1.000 et 2.000 Dollar. Au moins la moitié de l'argent est gardée par l'entreprise, le gardien reçoit l'autre moitié – mais seulement s'il vient de l'ouest, les grilles pour indigènes se situent clairement plus bas. Seulement en vue de ces sommes peut on expliquer que le personnel pour des commandos de kamikaze comme l'intervention en Iraq ne s'épuise pas.


Au contraire: la part d'agents privé militaires, à dire des agents de services militaires privées, comme ils s'appellent, est en train d'augmenter très vite. L'auteur de bestseller Naomi Klein attire l'attention au fait que le gouvernment des États-Unis dans l'année 2003 a conclu 3.512 contrats avec des compagnies privées de sécurité, ce nombre est pourtant déjà monté à 115.000 dans les deux années suivantes. Cela n'a à faire non seulement à des bonnes possibilités de gagner qui existent dans ce domaine – mais bien sûr à grand risque – et qui sont intéressants justement quand d'autres perspectives professionnelles manquent. L'augmentation énorme de personnel de sécurité privée est aussi due au fait que de plus en plus de domaines qui avant étaient dans les mains publiques, par l'outsourcing sont transférés à des compagnies privées – et cela comme partie d'une stratégie ciblée.


Dans cela, il s'agit d'une part de la réallocation d'argent public et cela autant que possible dans des poches qui t'appartiennent. De quelles sommes il s'agit devient clair si l'on considère que la guerre en Iraq a jusqu'ici coûté 463 milliards de Dollars. Il est connu que des membres du gouvernement US sont très étroitement liés aux firmes qui profitent de la guerre. Ainsi la compagnie Halliburton, dont le chef a été le vice-président de l'US Dick Cheney, a gagné des profits dans les milliards. Blackwater aussi appartient à un ami du clan Bush. L'argument souvent cité que des privatisations soi-disant économisent de l'argent ne peut guère être prouvé. Il est clair pourtant que l'argent dépensé sert à augmenter le profit d'entrepreneurs individuels.


Une raison presque aussi grave pour la relocation de dépenses autrefois publiques est une autre pourtant: le manque de pouvoir de contrôle du dehors. Au contraire du militaire la situation aux entreprises privées n'est pas claire. Pour les gouvernements il en résulte la possibilité comfortable qu'ils peuvent par exemple mieux voiler des activités contraire à la loi internationale et qu'ils peuvent même rapporter des nombres clairement plus réduits de soldats (et de morts et de blessés) ce qui est un facteur non-négligeable quand il est question d'approuver des participations dans des guerres, comme entre autre le journaliste Rolf Uesseler explique dans son livre sur la privatisation de la guerre. L' importance de la loi criminelle lors de crimes commis par des agents de sécurité n'est pas clarifiée: en Iraq, un décret de l'ancien chef du gouvernement de transition US-américain Paul Bremer de l'année 2004 accorde de l'immunité criminelle à toutes les compagnies de sécurité des troupes de coalition, si bien que personne ne peut être rendue responsable de la fusillade fatale et au hasard des collaborateurs de Blackwater. En tant que résultat de l'incident récent, cela devra maintenant changer – des crimes passés, à moins de mort n'avaient poutant jusqu'alors pas causé d'outrage publique.


En tout un bilan désastreux. Le plus sinistre c'est peut-être qu'aucun des participants pourrait avoir un intérêt à ce que la guerre se termine: pas les entreprises qui offrent de la sécurité privée, pas ceux qui à travers des participations de leur compagnies dans l'armement, le personnel et la logistique gagnent pas mal de ces profits, pas les agents personnels, qui par manque de meilleures possibilités maintiennent leurs salaires de cette façon. Les victimes en sont une fois de plus la population civile qui se voit confrontée à des lignes de conflits de moins en moins claires et doit essayer entre celles-là d'organiser sa survie.


Les dangers de ce développement sont immenses: par leur acceptance progressive de positions clés dans des conflits armés les compagnies de sécurité privées ainsi que les agents logistiques tiennent des positions qui leur offrent un potentiel grand et démocratiquement incontrôlable face à leurs patrons, donc un parti de guerre, comme la conduite de la guerre dépend d'eux à un haut degré. En même temps des entreprises privées de sécurité, à cause de leur position légale obscure et la situation de danger constante, risquent encore plus d'exercer de la violence inappropriée, comme la probabilité de devoir porter des comptes pour cela est minime. Comme aussi beaucoup de figures très douteuses s'engagent en tant que soldats (entre autre beaucoup d'anciens membres d'escadrons de mort latin-américains, beaucoup de lutteures pro-apartheid et semblables), le risque s'accroît encore plus. S'y ajoute que la loyauté du personnel de sécurité se fonde sur la base d'une promesse financière et pour cette raison peut vite changer aussi. Cela représente aussi un grand risque pour les perspectives d'une stabilisation dans une région de conflit.


Les développements en Iraq – mais non seulement là-bas – tracent le chemin des nouvelles guerres qui ont des structures de moins en moins claires et qui deviennent de plus en plus incalculables. L'Europe n'est pas sans faute dans ce développement problématique. L'UE aussi s'engage pour limiter de plus en plus les possibilités de l'État dans le domaine de la politique de défense et parle en faveur d'une politique de privatisation de moins en moins contrôlable. Juste maintenant le marché d'armement vient d'être libéré, un pas qui devrait conduire à d'autres – pas sans raison le domaine de la politique étrangère et de sécurité est accordé pas mal de place. Déjá aujourd'hui des États de l'UE utilisent des services de sécurité à l'étranger, ainsi par exemple l'armée fédérale pour la protection de sa logistique dans l'intervention en Afghanistan. N'en disons rien des États de l'UE qui participent dans la guerre d'Iraq. Cette tendance risque encore de se renforcer en vue de la volonté d'aménager les choses au plan mondial qui est réclamé par l'UE et des missions progressivement plus vastes de l'UE ainsi que surtout le lien de plus en plus étroit entre la politique étrangère et de sécurité de l'UE et celle des États-Unis et de l'OTAN. Il est d'autant plus urgent de lutter contre les efforts de privatisation et donc contre la perte de possibilités de contrôle démocratique dans ce domaine très sensible.


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